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#cebébéexiste

Lors de notre retour à la maison, le lendemain de l'annonce de la mort de Mathilde ; alors même qu'elle était encore dans mon ventre ; j'ai eu besoin de prévenir certains amis. Certains proches qui prenaient régulièrement de mes nouvelles par rapport à la grossesse. 

En fait, j'avais peur qu'il demandent de mes nouvelles ; plein d'entrain et joyeux, en pensant que nous étions désormais trois. J'avais tellement peur d'être confrontée à cette situation de "l'annonce" que, dans un éclair de lucidité, je les ai averti.

Nous avons reçu beaucoup de messages de soutien, tous plus touchants les uns que les autres. 

L'un de ces messages m'a comme "extraite", "ré-orientée". 

Cette amie m'a écrit : "ce bébé existe".

J'ai été frappée en lisant ces mots.

Car effectivement, j'ai pris conscience à cet instant que je croyais que mon bébé n'existerais pas. Que ces 9 mois passés ensemble, à partager le même corps, n'aboutiraient à rien.

Et elle venait de me dire le contraire ; que mon bébé existait. 

Je réalise aujourd'hui que je n'avais pas besoin d'entendre autre chose que cela.

C'est pourquoi :

 

  • Parce que c'est notre fille ;

  • Parce qu'elle existe ;

  • Parce que nous savons que nous ne sommes pas seuls ;

  • Parce qu'il y a probablement des personnes dans votre entourage qui ont vécu ce drame, même il y a longtemps ;

  • Parce qu'il est grand temps que ce tabou du deuil périnatal soit levé ; 

  • Parce que tous les parents (et grands-parents) qui ont perdu leur bébé ont le droit de pouvoir en parler ;

  • Parce que tous les bébés qui ne sont plus de notre monde ont le droit d'exister, même si cela doit être seulement dans nos pensées ;

  • Parce que, s'il y a bien une chose qui peut encore nous terroriser aujourd'hui, c'est qu'elle soit oubliée :

#cebébéexiste

Peut-être que ces trois mots trouveront aussi écho chez certains d'entre vous. Parce que vous avez perdu votre bébé, votre petit(e)-fille/fils, votre nièce/neveu, votre cousine/cousin, votre filleule/filleul,... même si cela fait longtemps - voir très longtemps.

Ou simplement parce que vous êtes touché, là, maintenant, par ce que vous venez de lire.

Alors pourquoi ne pas tenter ensemble de lever le tabou du deuil périnatal ? De partager cet #cebébéexiste, ainsi que les prénoms des bébés que nous connaissons, car vous en connaissez forcément un*, pour qu'ils soient enfin connus et reconnus et surtout, pour qu'ils ne soient pas oubliés

* C'est en racontant notre histoire que nous nous sommes aperçus qu'il y avait un cas de deuil périnatal dans presque chacune des familles des personnes avec qui nous étions en contact (que ce soit récent, ou que ce deuil ait touché les parents, grands-parents, arrières grands-parent...).

Un sujet tabou.

Dont presque personne ne parle. Peut-être parce qu'à une époque, cela ne se faisait pas ; parce qu'on croit qu'il est inutile et néfaste de rappeler des épisodes de vie aussi douloureux ; ou encore que si on ne le dit pas, cela n'existe pas... et cela paraît plus facile.

Mais une chose est sûre : chaque parent qui vit ce deuil périnatal pensera toute sa vie à son enfant ; en permanence, et ce quel que soit sa façon de gérer cet événement. Nous prenons le parti de ne pas nous renfermer, de ne pas laisser grossir un abcès qui, tôt ou tard, nous fera souffrir plus que ce que nous pourrons supporter.

Nous voulons vivre et nous voulons que l'histoire de Mathilde soit connue. Pour elle, pour nous et aussi peut-être, pour certains d'entre vous - #cebébéexiste #mathilde

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*Les 1%

Le deuil périnatal, quelques chiffres

La France atteint le rang le plus élevé en ce qui concerne le taux de mortinatalité. Il s’élève à 9,2%. Presque 1% des grossesses ayant dépassé le cap du premier trimestre se soldant ainsi par le décès du bébé attendu.

Chaque année, ce sont ainsi 7000 familles françaises qui sont touchées par ce drame.

Ainsi, si l’on compte que les françaises auront en moyenne 2 enfants, c’est près d’une femme sur 50 qui sera, au cours de sa vie, confrontée à la perte d’un de ses bébés.

Ce chiffre, très important, recouvre plusieurs réalités :

  • 0,5% des grossesses s’arrêteront spontanément avant leur terme (MFIU3 ), pour des causes liées au fœtus, à la mère mais aussi, bien souvent, inexpliquées.

  • 0,5% des grossesses seront interrompues médicalement (on parle d’IMG4 ) pour une raison touchant à la santé de la mère ou, le plus souvent, de l’enfant.

Source : Dossier de Presse "Une marche pour nos anges"